tokyo godfathers thumbnail

Tokyo Godfathers

  • Titre : Tokyo Godfathers
  • Titre original : 東京ゴッドファーザーズ
  • Format : Film
  • Durée : 1h30
  • Diffusion : 30/08/2003

Tokyo Godfathers est un film réalisé par Satoshi Kon et scénarisé en partie par Keiko Nobumoto (Wolf’s Rain, Cowboy Bebop).

Trois sans-abris (un alcoolique, un travesti et une fugueuse) trouvent un bébé abandonné à la veille de Noël. Commence alors une course au trésor pour retrouver ses parents…

Un conte de Noël chez les losers

tokyo godfathers une famille particulière

On a donc trois sans-abris qui doivent jouer le rôle des rois mages. Ce qui nous offre un film très différent de ce à quoi Satoshi Kon nous avait habitué avec Perfect Blue et Millennium Actress auparavant.

Contrairement à la tradition, l’histoire ne va pas flirter avec l’onirique, préférant nous montrer la réalité du quotidien affronté par trois personnes qui ont presque tout perdu.

On remarquera tout de même une poignée de passages dans ce registre, mais ils sont plus subtils et compartimentés que d’habitude.

Un sujet traité avec sérieux, sans oublier de sourire

tokyo godfathers tension dans une boutique

Avec ses protagonistes loufoques qui se vannent et se bagarrent sans cesse, les situations délirantes dans lesquelles ils se mettent et le ton général de l’histoire, on peut dire que Tokyo Godfathers souhaite nous faire rire jusqu’à la fin.

Pourtant, le film ne prend pas à la légère le sujet des sans-abris : la maladie, la faim, le froid, le sentiment d’être inutile, le regard des autres, la violence subie… Tout est montré, et souvent d’une manière dure.

C’est sans compter sur les personnalités de Gin l’alcoolique, Hana le travesti et Miyuki la fugueuse, qui ont le don de rendre n’importe quelle scène dramatique un peu plus amusante.

Des moments plus intimistes nous permettent de mieux les comprendre, les rendant plus attachants en même temps. Ce bébé est comme une thérapie de groupe pour ces personnages qui ont un rapport conflictuel avec la relation parents-enfant.

Tokyo Godfathers est une production sans prétention

tokyo godfathers course poursuite

Que l’on soit d’accord : l’animation de Tokyo Godfathers est très bien. L’opening est simple mais très bien trouvé et la scène de course-poursuite à la fin est complètement démentielle par exemple. Sans oublier certains passages parfaitement millimétrés.

Elle est simplement moins impressionnante que dans les précédentes réalisations de Satoshi Kon.

Je pense notamment aux scènes où les personnages courent, avec des mouvements qui sont complètement massacrés. D’un autre côté, ça colle bien avec leur manque total de classe.

Il faut d’ailleurs croire que tout le budget est allé dans les expressions faciales, car là par contre on a tout un répertoire de grimaces qui nous est donné ! Surtout Hana. Gardez le popcorn pour les moments où il/elle s’énerve, ça en vaut vraiment la peine.

À ce titre, les personnages sont tous très éloignés des critères de beauté qui ont court dans les anime. Les filles sont souvent « obèses » ou trop maigres et les hommes sont loin des bishōnen séduisants à faire péter les ovaires. Et je pense que c’est prévisible et bien utilisé vu le style du récit.

Mention honorable aux dents qui manquent, reniflages et coulées de morve.

Déjanté et avec sa bagatelle de personnages loufoques mais intéressants, Tokyo Godfathers est aussi un film sérieux sur la condition des sans-abris et la relation parents-enfant. Moins clinquant que les productions habituelles de Satoshi Kon, il nous permet de voir le réalisateur s’essayer au conte de Noël. Et sans tomber dans la niaiserie !
Les Les
Une histoire à la fois drôle et sérieuse. Une animation moins impressionnante que d’habitude.
Des personnages hilarants, expressifs… Si vous ne jurez que par le moe et/ou les bishōnen, ça va être dur.
… et très développés.
Un paquet de scènes cultes.