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Perfect Blue

  • Titre : Perfect Blue
  • Titre original : パーフェクト・ブルー
  • Format : Film
  • Durée : 1h20
  • Diffusion : 28/02/1998

Perfect Blue est un film réalisé par Satoshi Kon, scénarisé par Sadayuki Murai et adapté d’un roman de Yoshikazu Takeuchi.

Mima Kirigoe quitte son groupe de pop-idol CHAM! pour suivre une carrière d’actrice, ce qui n’est pas pour faire plaisir à ses fans. Il y en a un en particulier, Me-Mania, qui semble la suivre partout. Peu à peu, les gens autour de Mima connaissent des morts violentes et cette dernière commence à perdre pied avec la réalité…

Une technique cinématographique maîtrisée

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Dès l’introduction, Satoshi Kon met les pieds dans le plat avec des cadrages travaillés : Perfect Blue est un film, un vrai, et il a bien l’intention de le prouver.

On a là une mise en scène parfaite, respectant tous les codes du cinéma. Les faux airs de Hitchcock et la bande son au poil de Masahiro Ikumi achèvent de nous plonger dans cette tranche de vie endiablée.

Une autre chose qui frappe, c’est que les personnages sont incroyablement réalistes. Et je ne parle pas là de la qualité impressionnante de leur animation : on dirait des acteurs de chair et de sang ! Ce qui est parfaitement dans le ton du scénario…

Les scènes de foule sont moins convaincantes mais on a presque l’impression que l’effet est volontaire : le sujet ici est l’individu, et surtout son identité.

Perfect Blue est une mise en abîme vertigineuse

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Ce qui commence comme une banale histoire de harcèlement entre un stalker et une idol devient rapidement un voyage halluciné dans la psyché de Mima, dont l’ego connaît une crise sans précédent.

Perfect Blue est comme un cauchemar où le réel et l’imaginaire ne connaissent plus de frontière, un thème cher à Satoshi Kon. On est vite aussi largué que la protagoniste devant la succession de scènes qui se répètent, sont jouées par des acteurs, sont rêvées ou sont hallucinées sans aucune transition pour nous prévenir.

Parfaitement trouvée, l’idée de mettre en parallèle la carrière d’actrice de Mima avec le scénario de la série télé dans laquelle elle joue, rend encore plus profonde la mise en abîme.

Le final en devient un véritable coup dans les dents, et sans vous spoiler, les derniers mots de Mima avant le générique de fin vous laisseront complètement confus.

Un petit avertissement pour les âmes sensibles toutefois : Perfect Blue est violent, très violent. Pas forcément dans sa représentation des crimes : certaines scènes, même sous le rôle d’actrice de Mima, sont très dures à regarder.

La douleur psychologique du personnage est très bien retranscrite tout au long du film, appuyée par une ambiance pesante et paranoïaque.

Le début d’une œuvre unique dans le cinéma d’animation asiatique

Me-mania, stalker de Mima dans Perfect Blue

Annonciateur de toute l’œuvre de Satoshi Kon (déjà prolifique dans le domaine du manga), ce film est le point de départ parfait dans sa filmographie : les films et séries qui vont suivre (Millennium Actress, Tokyo Godfathers, Paranoia Agent, Paprika…) confirmeront son potentiel incroyable.

Tout est déjà là : perfection des cadrages, personnages fascinants, fusion entre le réel et l’halluciné…

Vous l’aurez compris, j’ai adoré Perfect Blue et il m’est difficile de lui trouver des défauts. Pur thriller psychologique, c’est un de ces films d’animation pour lesquels il est difficile de nier leur contribution au cinéma. À regarder encore et encore pour en saisir toutes les subtilités.
Les Les
Une technique cinématographique parfaite. Des scènes de foule moins convaincantes.
Un scénario vertigineux et aux thèmes profonds. Déconseillé aux âmes sensibles.
Des personnages authentiques.