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Paranoia Agent

  • Titre : Paranoia Agent
  • Titre orginal : 妄想代理人 (Mousou Dairinin)
  • Format : TV
  • Épisodes : 13
  • Diffusion : du 03/02/2004 au 18/05/2004

Paranoia Agent est une série animée réalisé par Satoshi Kon et produite par le studio Madhouse.

Deux détectives enquêtent sur une série d’agressions perpétrées par « Shounen Bat », qui est décrit comme un élève d’école primaire, frappant avec sa batte de baseball dorée et tordue. Rapidement, l’affaire se révèle être bien plus compliquée que ce qu’elle semblait être…

Un thriller psychologique mordant

Sagi Tsukiko dans Paranoia Agent

Portant bien son titre, Paranoia Agent renoue avec le thriller psychologique de Perfect Blue et en adopte le ton progressivement. Faisant le plein de passages hallucinatoires (très différents les uns des autres), Satoshi Kon reprend ici aussi quelque chose qu’il avait abandonné avec Tokyo Godfathers.

Les personnages ont tous des personnalités très fouillées et sont crédibles, en plus d’être agrémentés d’un character design sortant de l’ordinaire. Comme toujours dans le travail du réalisateur, on dira.

Même s’il est de moins en moins présent au fil de l’histoire, l’humour ponce du hamster à coups de rollers. Je pense par exemple au gosse qui gère sa popularité comme un politicien ou au trio de suicidaires qui ne sait pas vraiment ce qu’il fait.

Les scènes drôles sont de plus en plus perturbantes à mesure que le scénario avance, en partie à cause de l’humour de plus en plus noir mais aussi du cœur de l’intrigue qui se précise.

La société contemporaine chez le psychiatre nommé Paranoia Agent

Shonen Bat dans Paranoia Agent

Avec un opening complètement barré et des aperçus d’épisode racontés par le vieux fêlé de service, Satoshi Kon nous emmène dans un asile d’aliénés nommé « société ».

Composée de tranches de vies interconnectées, la série est écrite de manière à ce que chaque détail ait son importance… avec pour fil commun la névrose dans laquelle se terrent les individus sous pression.

Cela donne des histoires intéressantes sur les mensonges dans lesquels nous vivons pour entretenir notre place dans la société, par lâcheté et par peur du regard des autres. Un prétexte parfait pour nous livrer des passages sombres et empreints de folie humaine.

Une seconde partie en demi-teinte

Pièce d'otaku dans Paranoia Agent

La deuxième moitié de Paranoia Agent est l’occasion d’entrer de plein pied dans le mindfuck mais ce changement n’apporte pas que du bon avec lui…

D’abord la qualité de l’animation se casse la gueule dangereusement pendant quelques temps. L’épisode 8 a été spécialement massacré et je pense aussi à la fin de l’épisode 7 où l’on peut commencer à se poser des questions (proportions bizarres des pieds de l’inspecteur Maniwa par exemple).

Mais surtout, on ressent comme une perte de vitesse dans le scénario : les 7 premiers épisodes disposent d’une écriture stupéfiante, et chacun d’entre eux rivalise d’ingéniosité pour impliquer le Shounen Bat dans des contextes qui tantôt glacent le sang, tantôt font rire de bon cœur…

Et là, d’un coup, comme une pause avant le final, les récits perdent en enjeux et intensité même si dans le fond ils racontent toujours quelque chose d’intéressant.

Heureusement, l’intrigue reprend son envol avec le retour des enquêteurs au centre de l’histoire. C’est l’occasion aussi pour l’animation de récupérer de sa force.

Le final se paye d’ailleurs le luxe d’être excellent et de clarifier toutes les zones d’ombre.

Paranoia Agent dépeint avec brio une société névrosée où l’inconscient collectif s’emballe. Avec une ambiance à mi-chemin entre la psychose et la satire, cette série reste assez unique à ce jour. On regrettera juste une deuxème moitié qui baisse temporairement en qualité.
Les Les
Une intrigue bien foutue… … mais qui perd en force à mi-chemin.
Un commentaire social qui frappe là où il faut. Une animation inégale.
Un humour noir qui décape.
Des personnages intéressants.