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Paprika

  • Titre : Paprika
  • Titre original : パプリカ
  • Format : Film
  • Durée : 1h30
  • Diffusion : 08/2006

Paprika est le dernier film d’animation réalisé par Satoshi Kon.

Dans un futur proche, un nouveau traitement psychothérapeutique est inventé grâce à des machines appelées « DC Mini », permettant de visiter les rêves des patients. Petit problème : quelqu’un a volé plusieurs prototypes et entre de mauvaises mains ils peuvent devenir très dangereux…

Paprika ou la synthèse du travail de Satoshi Kon

paprika

Cette nouvelle brique dans l’œuvre du réalisateur, spécialisé dans la réalité subjective, est l’occasion de bâtir sur ce qu’il a déjà fait : on y retrouve l’aspect psychologique d’un Perfect Blue, la fusion entre imagination et réalité d’un Millennium Actress ou encore la flamboyance des délires d’un Paranoia Agent.

Servi par une animation excellente en tous points, des dessins super fouillés et une bande son du tonnerre de Susumu Hirasawa (qui a déjà officié sur Millennium Actress et Paranoia Agent), plus enjoué que ses précédents travaux… Paprika donne la pêche et est prêt à tous les délires.

J’ai déjà dit plusieurs fois à quel point j’aime les personnages de Satoshi Kon, et ici je dois dire qu’on est servi : on a pêle-mêle une intrépide personnalité double, un génie immature à la gourmandise sans limite, un policier charmant et névrosé et d’autres encore rongés par la jalousie ou les délires d’autorité.

Je reprocherais seulement au scénario d’être un poil plus prévisible que dans les précédents travaux du réalisateur.

Le rêve, un sujet de choix

Les rêves dans Paprika fusionnent

En choisissant d’utiliser le rêve comme principal élément de l’histoire, Satoshi Kon a eu une excellente idée : il a là le matériau parfait pour créer une histoire où la frontière entre réalité et subjectivité est inexistante.

Les délires hallucinatoires sont du coup plus radicaux que jamais, aidés par un sens du détail au poil. Les vingt dernières minutes sont du coup un gigantesque festival où l’on tombe sur des trouvailles à presque chaque dizaine de seconde.

Cela n’empêche pas l’histoire de faire sens, car il s’agit ici de science-fiction : l’idée des « DC Mini » est expliquée avec juste ce qu’il faut de détails et cela sert l’intrigue pour les trois quarts du film.

Il y a aussi des analogies intéressantes entre les rêves et internet ou surtout le cinéma. Car c’est l’ultime occasion pour le réalisateur d’exprimer son amour pour le neuvième art.

Un cadeau d’adieu de qualité

Référence aux films de Satoshi Kon dans Paprika

Satoshi Kon nous a hélas quitté le 24 août 2010, atteint d’un cancer du pancréas. Hormis un court-métrage d’une minute pour la série Ani-Kuri 15, Paprika sera donc la dernière réalisation de l’auteur qui mettait en avant le pouvoir et la persistance de l’imagination.

Fort heureusement, avec toutes les qualités dont fait preuve ce long-métrage, on peut dire qu’il nous a laissé un formidable cadeau d’adieu. Son œuvre aura maintenu une cohérence forte jusqu’à la fin et Paprika en est l’ultime preuve.

Dernier film d’un réalisateur au talent fou, Paprika est l’occasion de montrer une fois pour toute que Satoshi Kon ne nous avait pas fait fausse impression, une décennie auparavant avec Perfect Blue. Utilisant le rêve avec une maîtrise parfaite, on a là une œuvre de science-fiction enjouée et prête à tous les délires sans mettre de côté la qualité du récit.
Les Les
Une réalisation impressionnante. Un scénario un peu plus prévisible que ce à quoi Satoshi Kon nous avait habitué.
Des personnages toujours aussi uniques et attachants.
Le sujet du rêve exploité avec tout son potentiel.
Un trésor de créativité.