Roujin Z

  • Titre : Roujin Z
  • Synonyme(s) : Elderly Person Z, Old Person Z
  • Titre original : 老人Z
  • Format : OAV
  • Durée : 1h20
  • Diffusion : 14/09/1991

Roujin Z est une OAV réalisée par Hiroyuki Kitakubo et scénarisée par Katsuhiro Otomo (Akira, Steamboy).

Dans un futur proche où les soins aux personnes âgées prennent une ampleur sans précédent, le Ministère de la Santé et des Affaires sociales introduit Z-001 : un lit informatisé capable de subvenir à tous les besoins du patient. Le lit est testé sur Takazawa, dont Haruko est l’infirmière. Cette dernière ne voit pas d’un bon œil le fait de priver une personne âgée de contact humain. Lorsqu’elle reçoit un appel à l’aide sur son ordinateur provenant de Takazawa, ses doutes sont renforcés…

Anticipation et message social à la clé

panique roujin z

La problématique est posée dès le départ : les vieux sont de plus en plus nombreux et ils coûtent cher. Aussi la réponse proposée par le Ministère de la Santé et des Affaires sociales va de soi… sauf que ce qui apparaît comme un message d’attention porté aux personnes dépendantes n’est en pratique qu’un moyen pour s’en laver les mains. Cette hypocrisie et le manque de respect qui en résulte sont très bien restitués durant Roujin Z.

Le mecha-design de Katsuhiro Otomo pour le Z-001 est excellent. C’est un véritable couteau suisse pour grabataire et ses transformations ne sont pas totalement tirées par les cheveux.

En prime c’est une superbe anticipation des évolutions actuelles de la médecine à distance et personnalisée qui se développe de nos jours, dans un monde développé en proie au vieillissement de sa population.

Les papys les plus cool au monde

vieux hackers roujin z

Avec une majorité des personnages qui sont de vieux morceaux, on pourrait craindre s’ennuyer dans Roujin Z. Sauf que les retraités ici (et les autres personnages en général) sont vraiment drôles et attachants. Les papys hackers sont sûrement les meilleurs du lot, mais même les « antagonistes » ont tendance à être marrants.

Il est d’autant plus facile de retenir les personnages que chacun a un visage vraiment différent. Il n’y a pas deux personnes qui se ressemblent, même dans les groupes de « figurants » en arrière-plan.

L’humour, l’aspect visuel, la façon dont les sujets de société sont traités… tout ceci n’est pas sans rappeler la version série TV de Patlabor. Ça en a aussi la qualité.

Il y a juste un truc qui m’a fait tiquer avec le scénario…

Un pan de l’intrigue de Roujin Z est un peu léger

takazawa en action roujin z

Sans faire de gros spoiler, il y a un passage où un des papys hackers créé une voix de synthèse. À partir d’une photo. D’une personne qu’il n’a jamais connu ! Non seulement c’est stupide, mais en plus ça a une influence tellement importante sur tout le reste de l’histoire que cela porte préjudice à la vraisemblance du scénario.

Heureusement, cela n’empêche pas Roujin Z d’en faire un usage drôle et de s’en servir correctement jusqu’à la fin. C’est juste la base qui gâte tout.

On regrettera aussi le fait que l’OAV se contente d’être drôle et d’oublier son message social sur la fin.

Drôle et plein de personnages uniques et attachants, Roujin Z est aussi une satire bien trouvée sur la manière dont on s’occupe de nos personnes dépendantes. Dommage qu’un point du scénario soit assez gênant et que la moralité de l’histoire soit un peu mise de côté.

On retiendra surtout l’anticipation d’un système de santé chaque jour plus réel : si dans le futur vous avez un bidule appelé « Toto » qui pompe votre caca quand vous dormez, annoncez fièrement à votre infirmière que Roujin Z l’avait prévu.

Les Les
Un message social bien introduit… … mais pas totalement exploité.
Des personnages attachants. Les répercussions d’un hacking façon Hollywood puissance 10.
Le Z-001 imaginé par Katsuhiro Otomo.
C’est très drôle.

Robot Carnival

  • Titre : Robot Carnival
  • Titre original : ロボット・カーニバル
  • Format : OAV
  • Durée : 1h30
  • Diffusion : 21/07/1987

Robot Carnival est un recueil de courts-métrages compilés en une seule OAV. Chaque épisode a pour thème commun le robot.

Un intérêt limité

robot carnival

Premier constat quand on regarde Robot Carnival : ça a vieilli, beaucoup vieilli. L’animation montre vite ses limites et le travail sonore est très loin d’être convainquant.

Les effets sonores sont particulièrement risibles dans le premier court-métrage : Frankenstein’s Wheel. Une histoire qui a d’ailleurs peu d’intérêt. Car c’est là tout le problème de cette compilation : à quelques exceptions prêt, on a peu de choses à se mettre sous la dent.

Deprive est une succession de scènes d’action à la chorégraphie peu intéressante, Star Light Angel est pour être grossier seulement l’histoire d’une fille qui a besoin d’un rebound guy, Cloud souffre de son minimalisme à cause de sa longueur, malgré un charme poétique évident…

Certains argueront que le format des 10 minutes par épisode ne permet pas mieux, et je suis assez d’accord. Pourtant, il y a quelques passages qui prouvent le contraire.

Quelques coups d’éclat

presence robot carnival

Presence est pour moi le premier court-métrage qui fait vraiment monter la sauce. Emballé dans un univers mi-époque victorienne mi-futuriste et un style visuel intéressant, le scénario de Presence est beau. Beau parce qu’en 10 minutes on ressent la grande solitude dans laquelle le personnage principal vit, malgré l’existence de sa famille. C’est aussi le premier des deux courts à faire usage de dialogues, le reste étant muet. L’occasion de faire parler un robot qui cerne parfaitement la solitude du protagoniste.

Deuxième et dernière histoire courte avec un doublage, A Tale of Two Robots – Chapter 3: Foreign Invasion est aussi l’autre révélation de Robot Carnival. Sorte de film de propagande de la Seconde Guerre Mondiale se déroulant entre le 17ème et le 19ème siècles, elle nous offre un super robot show avec des mechas très originaux, conçus avec les technologies d’une époque reculée. Les personnages sont en plus très fendards et les gags s’accumulent pour notre plus grand plaisir.

Nightmare (connu en France sous le titre de Red Chicken Head Guy) est le segment muet le plus intéressant. Servi par une animation relativement impressionnante, on se fait plaisir avec une bande son accrocheuse et une créativité visuelle débordante (déjà très bonne dans l’ensemble de la compilation). Bref, ça a la patate et ce n’est pas pour déplaire.

Enfin, l’opening et l’ending du recueil sont assez bien réalisés et ont un humour noir très efficace.

Robot Carnival est le « Who’s Who » de l’animation

A Tale of Two Robots - Chapter 3: Foreign Invasion robot carnival

Réalisé par un collectif d’auteurs dont Katsuhiro Otomo (Akira, Steamboy), Hiroyuki Kitakubo (Roujin Z) ou encore Hiroyuki Kitazume (character-designer prolifique à cette période, ayant à son actif Gundam Z/ZZ/Char contre-attaque, Heavy Metal L-Gaim ou encore Megazone 23), Robot Carnival est le lieu de rencontre d’auteurs confirmés ou en voie de devenir des maîtres du secteur.

C’est donc l’occasion de regarder comment certains d’entre eux ont commencé, un an avant le phénomène Akira sur lequel beaucoup vont travailler.

Très inégal, Robot Carnival est malgré tout un anime à voir. Ne serait-ce que pour ses quelques trouvailles, sa créativité ou encore pour voir comment ont commencé des réalisateurs qui se sont plus tard fait connaître dans des réalisations de plus grande envergure.
Les Les
Les segments parlants sont par coïncidence très bons. Beaucoup d’histoires sans intérêt.
Quelques pépites au charme fou. Le travail sonore peu convaincant.
Une créativité indéniable. Ça a beaucoup vieilli.
Les débuts de quelques « grands » de l’animation japonaise.

Steamboy

  • Titre : Steamboy
  • Titre original : スチームボーイ
  • Format : Film
  • Durée : 2h05
  • Diffusion : 17/07/2004

Steamboy est un film réalisé par Katsuhiro Otomo (Akira).

Angleterre, XIXème siècle. Ray Steam est un jeune inventeur dans un monde où la vapeur règne sans partage. Pendant que Londres se prépare à accueillir l’Exposition universelle, il reçoit un colis de son grand-père : la « Steam Ball ». C’est alors que des hommes de la fondation O’Hara se mettent à sa poursuite pour récupérer la dangereuse invention…

Steamboy le magnifique

Londres Steamboy

Réputé comme étant le film le plus cher de l’histoire de l’animation japonaise, on peut dire que la qualité de l’ouvrage porte à y croire : bénéficiant d’un travail sonore efficace, il déballe une technique en tout point parfaite.

Là où Akira brillait avec une ville futuriste crade, Steamboy brille par ses machines à vapeur complexes, ses maisons briquées plus vraies que nature, ses intérieurs fournis et ses paysages anglais tout droit sortis d’une peinture à l’huile. Le contexte historique est utilisé avec tout son potentiel et la 3D, abondante, est à la fois parfaitement intégrée et impressionnante.

Le chara-design n’est pas en reste avec des traits que l’on assimile facilement aux nationalités respectives des protagonistes. Ils ont aussi une gestuelle et des expressions faciales crédibles qui sonnent juste par rapport à ce que l’on se représente de l’époque.

Porno pour amoureux des engrenages

course-poursuite Steamboy

Après avoir visité le cyberpunk, Katsuhiro Otomo s’essaye au steampunk et on peut dire qu’il en a exploité les possibilités au maximum.

Cela se ressent dans les machines, dont certaines sont très bien trouvées, imaginées jusque dans les moindres engrenages. C’est un véritable festival d’ingéniosité et la « Tour Steam » en est la principale attraction : colossale et complexe à en donner le tournis, elle a dû à elle seule bouffer la moitié du budget.

Toutes ces inventions sont au service même des scènes d’actions, qui se payent le luxe d’être à la fois longues et intenses de bout en bout. Il faut dire qu’elles meublent pas mal l’histoire…

Lassitude dans la surenchère

envolée steamboy

Ce qui débute comme une histoire prometteuse sur la finalité de la science débouche au final sur… pas grand chose. Notre intérêt est maintenu par l’empilement des mensonges du départ, mais à force de voir Ray se faire mener par le bout du nez et faire des allers-retours incessants avec sa « Steam Ball », ça en devient fatiguant.

C’est aussi très manichéen, si bien que dès que le scénario expose clairement qui est un salopard et qui ne l’est pas, on en est réduit à se demander qu’est-ce que la « Tour Steam » va bien nous réserver comme nouveau coup de théâtre.

Les scènes finales bien qu’absolument impressionnantes sont également agaçantes à cause de ça : est-on supposé être ému par la dynamique relationnelle des membres de la famille Steam quand la plupart des actions qu’ils effectuent sont inutiles et ne sont qu’un prétexte pour voir des engrenages rouler dans tous les sens ?

Pour toutes ces raisons, j’ai trouvé plus d’intérêt dans les magnifiques images du générique de fin que dans les dernières minutes du film. Celles-ci préfigurant une possible série, Steamgirl, dont nous sommes pour le moment sans nouvelle…

Impressionnant comme le fut Akira en son temps, Steamboy possède une intrigue qui perd en intérêt dans sa dernière partie par manque de vision. On restera pour la débauche technique qui elle ne perd pas de sa vapeur.
Les Les
Le steampunk est exploité à merveille. L’intrigue manque finalement d’intérêt et dure 30 minutes de trop.
C’est une preuve que la perfection technique est atteignable. Un peu trop manichéen.
Des scènes d’actions qui maintiennent en haleine.

Akira

  • Titre : Akira
  • Titre original : アキラ
  • Format : Film
  • Durée : 2h
  • Diffusion : 16/07/1988

Akira est un film réalisé par Katsuhiro Otomo et adapté du manga du même auteur.

Neo-Tokyo, 2019. 31 ans après la Troisième Guerre Mondiale. Tetsuo, membre d’un gang de motards avec son ami Kaneda, a un accident en évitant un enfant doué de capacités psychiques sur la route. Peu après, les militaires l’embarquent pour faire des expériences. Doté de nouvelles capacités et hors de contrôle, il est bien décidé à prendre sa revanche sur la société…

Une technique qui n’a pas besoin de botox

moto de kaneda akira

Bien que datant de 1988, Akira a très bien vieilli et reste bluffant de nos jours. L’animation des personnages et très réaliste (les chutes en moto ou les mouvements de foule par exemple me viennent en tête).

Presque tout le film en profite, mais on retiendra la course-poursuite du début parmi les passages les plus impressionnants. Il y a aussi l’étalage de puissance avec les capacités psi qui occasionne des scènes de destructions très détaillées et bien animées.

La qualité de l’animation sert également le gore avec des os qui craquent et des personnes criblées de balles qui sont de véritables fontaines à sang.

Le dessin d’Otomo nous offre des personnages incroyablement expressifs : les mots sont superflus tellement on peut lire ce qu’ils ressentent en les regardant.

L’ambiance sonore quant à elle met le ton dès l’introduction et n’est remplacée par des moments de silence que pour mieux nous glacer. Elle contribue à solidifier le monde imaginé par Katsuhiro Otomo.

L’univers crados d’Akira

neo-tokyo akira

Se déroulant dans une ville colossale où les individus ont l’air de fourmis, le film nous offre un décor peu reluisant.

Très violente avec ses guerre des gangs, ses attentats à la bombe fréquents, sa répression violente des manifestations et sa jeunesse complètement paumée, Neo-Tokyo est une jungle sans pitié. Sa crasse, sa saleté, ses gravats, ses tuyaux et câbles dans tous les sens, ses néons, ses hologrammes et ses tags sont un excellent prétexte pour nous offrir des décors remplis de détails.

Cela vaut aussi pour les personnages tout droit sortis des bas-fonds d’une société où il n’y a plus de code vestimentaire.

Tous ces éléments ont eu une influence capitale sur la manière dont le cyberpunk a été représenté dans le cinéma d’animation japonais. Ils dégagent aussi un contexte qui explique beaucoup d’éléments de l’histoire.

Un récit à thèmes multiples

tetsuo akira

À première vue on pourrait penser qu’Akira se contente de sortir le sempiternel débat des limites que l’on devrait donner à la science utilisée par l’armée. Et il est vrai que cet aspect sentait déjà le réchauffé en 1988. Mais non seulement ce dernier est compensé par l’exposition réussie d’une société en pleine dégénérescence, il est aussi la cause du volet le plus intéressant du scénario : Tetsuo.

Alors que la bande de motards dirigée par Kaneda est globalement assez marrante, son ami d’enfance Tetsuo montre rapidement une personnalité vraiment détestable. Exposition du complexe d’infériorité et du délire de puissance poussés à l’extrême, il n’est finalement que le produit d’une société pourrie jusqu’à la moelle.

Ce commentaire social, l’aspect scientifique, le rôle des militaires, la politique où les conflits d’intérêt ont libre cours… ce sont les nombreuses facettes du scénario d’Akira qui parviennent à être développées en ne laissant presque rien derrière. Seul le côté métaphysique est au final assez peu convaincant.

C’est un coup de force dans la mesure où ce long-métrage ne raconte pas tout ce qu’il se passe dans le manga, d’autant plus qu’aucun personnage introduit ici n’est mis de côté avant la conclusion de l’histoire.

Violent, impitoyable, Akira n’est pas un film à mettre entre toutes les mains. Impressionnant, intéressant, il constitue un de ces titres cultes du cinéma d’animation japonais qui ont eu une influence capitale. Il est rare qu’un classique vieillisse aussi bien, donc vous auriez tord de vous priver de le regarder.
Les Les
L’univers à l’ambiance glauque et au-delà de tout salut est très réussi. Très violent, c’est pas pour les enfants de chœur.
Une histoire qui traite avec brio de plusieurs sujets imbriqués. Le côté métaphysique est au final trop peu développé pour être pleinement apprécié.
Une technique qui ne viellit pas.
La moto de Kaneda est trop cool.

Paprika

  • Titre : Paprika
  • Titre original : パプリカ
  • Format : Film
  • Durée : 1h30
  • Diffusion : 08/2006

Paprika est le dernier film d’animation réalisé par Satoshi Kon.

Dans un futur proche, un nouveau traitement psychothérapeutique est inventé grâce à des machines appelées « DC Mini », permettant de visiter les rêves des patients. Petit problème : quelqu’un a volé plusieurs prototypes et entre de mauvaises mains ils peuvent devenir très dangereux…

Paprika ou la synthèse du travail de Satoshi Kon

paprika

Cette nouvelle brique dans l’œuvre du réalisateur, spécialisé dans la réalité subjective, est l’occasion de bâtir sur ce qu’il a déjà fait : on y retrouve l’aspect psychologique d’un Perfect Blue, la fusion entre imagination et réalité d’un Millennium Actress ou encore la flamboyance des délires d’un Paranoia Agent.

Servi par une animation excellente en tous points, des dessins super fouillés et une bande son du tonnerre de Susumu Hirasawa (qui a déjà officié sur Millennium Actress et Paranoia Agent), plus enjoué que ses précédents travaux… Paprika donne la pêche et est prêt à tous les délires.

J’ai déjà dit plusieurs fois à quel point j’aime les personnages de Satoshi Kon, et ici je dois dire qu’on est servi : on a pêle-mêle une intrépide personnalité double, un génie immature à la gourmandise sans limite, un policier charmant et névrosé et d’autres encore rongés par la jalousie ou les délires d’autorité.

Je reprocherais seulement au scénario d’être un poil plus prévisible que dans les précédents travaux du réalisateur.

Le rêve, un sujet de choix

Les rêves dans Paprika fusionnent

En choisissant d’utiliser le rêve comme principal élément de l’histoire, Satoshi Kon a eu une excellente idée : il a là le matériau parfait pour créer une histoire où la frontière entre réalité et subjectivité est inexistante.

Les délires hallucinatoires sont du coup plus radicaux que jamais, aidés par un sens du détail au poil. Les vingt dernières minutes sont du coup un gigantesque festival où l’on tombe sur des trouvailles à presque chaque dizaine de seconde.

Cela n’empêche pas l’histoire de faire sens, car il s’agit ici de science-fiction : l’idée des « DC Mini » est expliquée avec juste ce qu’il faut de détails et cela sert l’intrigue pour les trois quarts du film.

Il y a aussi des analogies intéressantes entre les rêves et internet ou surtout le cinéma. Car c’est l’ultime occasion pour le réalisateur d’exprimer son amour pour le neuvième art.

Un cadeau d’adieu de qualité

Référence aux films de Satoshi Kon dans Paprika

Satoshi Kon nous a hélas quitté le 24 août 2010, atteint d’un cancer du pancréas. Hormis un court-métrage d’une minute pour la série Ani-Kuri 15, Paprika sera donc la dernière réalisation de l’auteur qui mettait en avant le pouvoir et la persistance de l’imagination.

Fort heureusement, avec toutes les qualités dont fait preuve ce long-métrage, on peut dire qu’il nous a laissé un formidable cadeau d’adieu. Son œuvre aura maintenu une cohérence forte jusqu’à la fin et Paprika en est l’ultime preuve.

Dernier film d’un réalisateur au talent fou, Paprika est l’occasion de montrer une fois pour toute que Satoshi Kon ne nous avait pas fait fausse impression, une décennie auparavant avec Perfect Blue. Utilisant le rêve avec une maîtrise parfaite, on a là une œuvre de science-fiction enjouée et prête à tous les délires sans mettre de côté la qualité du récit.
Les Les
Une réalisation impressionnante. Un scénario un peu plus prévisible que ce à quoi Satoshi Kon nous avait habitué.
Des personnages toujours aussi uniques et attachants.
Le sujet du rêve exploité avec tout son potentiel.
Un trésor de créativité.

Paranoia Agent

  • Titre : Paranoia Agent
  • Titre orginal : 妄想代理人 (Mousou Dairinin)
  • Format : TV
  • Épisodes : 13
  • Diffusion : du 03/02/2004 au 18/05/2004

Paranoia Agent est une série animée réalisé par Satoshi Kon et produite par le studio Madhouse.

Deux détectives enquêtent sur une série d’agressions perpétrées par « Shounen Bat », qui est décrit comme un élève d’école primaire, frappant avec sa batte de baseball dorée et tordue. Rapidement, l’affaire se révèle être bien plus compliquée que ce qu’elle semblait être…

Un thriller psychologique mordant

Sagi Tsukiko dans Paranoia Agent

Portant bien son titre, Paranoia Agent renoue avec le thriller psychologique de Perfect Blue et en adopte le ton progressivement. Faisant le plein de passages hallucinatoires (très différents les uns des autres), Satoshi Kon reprend ici aussi quelque chose qu’il avait abandonné avec Tokyo Godfathers.

Les personnages ont tous des personnalités très fouillées et sont crédibles, en plus d’être agrémentés d’un character design sortant de l’ordinaire. Comme toujours dans le travail du réalisateur, on dira.

Même s’il est de moins en moins présent au fil de l’histoire, l’humour ponce du hamster à coups de rollers. Je pense par exemple au gosse qui gère sa popularité comme un politicien ou au trio de suicidaires qui ne sait pas vraiment ce qu’il fait.

Les scènes drôles sont de plus en plus perturbantes à mesure que le scénario avance, en partie à cause de l’humour de plus en plus noir mais aussi du cœur de l’intrigue qui se précise.

La société contemporaine chez le psychiatre nommé Paranoia Agent

Shonen Bat dans Paranoia Agent

Avec un opening complètement barré et des aperçus d’épisode racontés par le vieux fêlé de service, Satoshi Kon nous emmène dans un asile d’aliénés nommé « société ».

Composée de tranches de vies interconnectées, la série est écrite de manière à ce que chaque détail ait son importance… avec pour fil commun la névrose dans laquelle se terrent les individus sous pression.

Cela donne des histoires intéressantes sur les mensonges dans lesquels nous vivons pour entretenir notre place dans la société, par lâcheté et par peur du regard des autres. Un prétexte parfait pour nous livrer des passages sombres et empreints de folie humaine.

Une seconde partie en demi-teinte

Pièce d'otaku dans Paranoia Agent

La deuxième moitié de Paranoia Agent est l’occasion d’entrer de plein pied dans le mindfuck mais ce changement n’apporte pas que du bon avec lui…

D’abord la qualité de l’animation se casse la gueule dangereusement pendant quelques temps. L’épisode 8 a été spécialement massacré et je pense aussi à la fin de l’épisode 7 où l’on peut commencer à se poser des questions (proportions bizarres des pieds de l’inspecteur Maniwa par exemple).

Mais surtout, on ressent comme une perte de vitesse dans le scénario : les 7 premiers épisodes disposent d’une écriture stupéfiante, et chacun d’entre eux rivalise d’ingéniosité pour impliquer le Shounen Bat dans des contextes qui tantôt glacent le sang, tantôt font rire de bon cœur…

Et là, d’un coup, comme une pause avant le final, les récits perdent en enjeux et intensité même si dans le fond ils racontent toujours quelque chose d’intéressant.

Heureusement, l’intrigue reprend son envol avec le retour des enquêteurs au centre de l’histoire. C’est l’occasion aussi pour l’animation de récupérer de sa force.

Le final se paye d’ailleurs le luxe d’être excellent et de clarifier toutes les zones d’ombre.

Paranoia Agent dépeint avec brio une société névrosée où l’inconscient collectif s’emballe. Avec une ambiance à mi-chemin entre la psychose et la satire, cette série reste assez unique à ce jour. On regrettera juste une deuxème moitié qui baisse temporairement en qualité.
Les Les
Une intrigue bien foutue… … mais qui perd en force à mi-chemin.
Un commentaire social qui frappe là où il faut. Une animation inégale.
Un humour noir qui décape.
Des personnages intéressants.

Tokyo Godfathers

  • Titre : Tokyo Godfathers
  • Titre original : 東京ゴッドファーザーズ
  • Format : Film
  • Durée : 1h30
  • Diffusion : 30/08/2003

Tokyo Godfathers est un film réalisé par Satoshi Kon et scénarisé en partie par Keiko Nobumoto (Wolf’s Rain, Cowboy Bebop).

Trois sans-abris (un alcoolique, un travesti et une fugueuse) trouvent un bébé abandonné à la veille de Noël. Commence alors une course au trésor pour retrouver ses parents…

Un conte de Noël chez les losers

tokyo godfathers une famille particulière

On a donc trois sans-abris qui doivent jouer le rôle des rois mages. Ce qui nous offre un film très différent de ce à quoi Satoshi Kon nous avait habitué avec Perfect Blue et Millennium Actress auparavant.

Contrairement à la tradition, l’histoire ne va pas flirter avec l’onirique, préférant nous montrer la réalité du quotidien affronté par trois personnes qui ont presque tout perdu.

On remarquera tout de même une poignée de passages dans ce registre, mais ils sont plus subtils et compartimentés que d’habitude.

Un sujet traité avec sérieux, sans oublier de sourire

tokyo godfathers tension dans une boutique

Avec ses protagonistes loufoques qui se vannent et se bagarrent sans cesse, les situations délirantes dans lesquelles ils se mettent et le ton général de l’histoire, on peut dire que Tokyo Godfathers souhaite nous faire rire jusqu’à la fin.

Pourtant, le film ne prend pas à la légère le sujet des sans-abris : la maladie, la faim, le froid, le sentiment d’être inutile, le regard des autres, la violence subie… Tout est montré, et souvent d’une manière dure.

C’est sans compter sur les personnalités de Gin l’alcoolique, Hana le travesti et Miyuki la fugueuse, qui ont le don de rendre n’importe quelle scène dramatique un peu plus amusante.

Des moments plus intimistes nous permettent de mieux les comprendre, les rendant plus attachants en même temps. Ce bébé est comme une thérapie de groupe pour ces personnages qui ont un rapport conflictuel avec la relation parents-enfant.

Tokyo Godfathers est une production sans prétention

tokyo godfathers course poursuite

Que l’on soit d’accord : l’animation de Tokyo Godfathers est très bien. L’opening est simple mais très bien trouvé et la scène de course-poursuite à la fin est complètement démentielle par exemple. Sans oublier certains passages parfaitement millimétrés.

Elle est simplement moins impressionnante que dans les précédentes réalisations de Satoshi Kon.

Je pense notamment aux scènes où les personnages courent, avec des mouvements qui sont complètement massacrés. D’un autre côté, ça colle bien avec leur manque total de classe.

Il faut d’ailleurs croire que tout le budget est allé dans les expressions faciales, car là par contre on a tout un répertoire de grimaces qui nous est donné ! Surtout Hana. Gardez le popcorn pour les moments où il/elle s’énerve, ça en vaut vraiment la peine.

À ce titre, les personnages sont tous très éloignés des critères de beauté qui ont court dans les anime. Les filles sont souvent « obèses » ou trop maigres et les hommes sont loin des bishōnen séduisants à faire péter les ovaires. Et je pense que c’est prévisible et bien utilisé vu le style du récit.

Mention honorable aux dents qui manquent, reniflages et coulées de morve.

Déjanté et avec sa bagatelle de personnages loufoques mais intéressants, Tokyo Godfathers est aussi un film sérieux sur la condition des sans-abris et la relation parents-enfant. Moins clinquant que les productions habituelles de Satoshi Kon, il nous permet de voir le réalisateur s’essayer au conte de Noël. Et sans tomber dans la niaiserie !
Les Les
Une histoire à la fois drôle et sérieuse. Une animation moins impressionnante que d’habitude.
Des personnages hilarants, expressifs… Si vous ne jurez que par le moe et/ou les bishōnen, ça va être dur.
… et très développés.
Un paquet de scènes cultes.

Millennium Actress

  • Titre : Millennium Actress
  • Synonyme(s) : Chiyoko Millennial Actress, Sennen Joyuu Chiyoko
  • Titre original : 千年女優
  • Format : Film
  • Durée : 1h22
  • Diffusion : 14/09/2001

Millennium Actress est un film réalisé par Satoshi Kon et scénarisé en partie par Sadayuki Murai.

Pour commémorer son 70ème anniversaire, le studio Ginei engage Genya Tachibana pour tourner un documentaire sur l’actrice Chiyoko Fujiwara. Alors qu’elle raconte sa carrière, les souvenirs prennent forme et se mélangent avec les films dans lesquels elle a joué…

Une biographie cinéphile et vivante

millennium actress mayoko et ses rôles

Pour son deuxième long métrage, Satoshi Kon choisit encore d’utiliser le cinéma comme une thématique majeure de son histoire.

Et là aussi, la frontière entre la réalité et l’imaginaire est mince. Les souvenirs de Chiyoko sont tellement vivaces que Genya et son caméraman se retrouvent littéralement plongés dans son récit !

Souvent, on ne sait trop quand les films commencent et quand la véritable histoire de Chiyoko se déroule, comme si Satoshi Kon souhaitait nous dire que tout ce qui est imaginé est aussi réel que ce que l’on perçoit.

Pourtant, tout comme Perfect Blue mettait en parallèle la vie de Mima à la série télé dans laquelle elle jouait, la vie de Chiyoko est profondément attachée aux films dans lesquels elle prête son rôle.

Cela donne une succession de scènes qui ne sont pas liées en apparence alors que la tension et les enjeux continuent à augmenter. Au final, l’histoire en elle-même est claire comme de l’eau de roche.

Millennium Actress sait quand faire rire et quand fendre le cœur

mayoko rencontre quelqu'un millenium actress
Le ton est en tout cas clairement différent de Perfect Blue, qui était construit comme un calvaire psychologique. Ici on est servi par un drame amoureux plein d’humanité.

Déjà, il y a un humour qui décape tout, entre les remarques du caméraman complètement paumé et sarcastique, le personnage de Genya qui est aussi drôle qu’attachant et certaines scènes qui n’hésitent pas à dédramatiser des moments forts, pile au bon moment.

C’est aussi une histoire très triste, sur la course effrénée d’une femme à travers les décennies pour retrouver un homme, avec pour seul souvenir une clé.

Le contexte historique dans lequel se déroule la jeunesse de Chiyoko (l’Empire du Japon et la Deuxième Guerre Mondiale) contribue à donner un cachet particulier au film, ce qui renforce l’aspect tragique de sa vie.

Les personnes rencontrées au cours du récit disposent elles aussi d’un développement suffisamment convaincant pour qu’on soit attentif. Je pense notamment à Eiko l’actrice rivale et l’homme à la cicatrice, éternelle figure de l’oppression auprès de Chiyoko.

Une réalisation majestueuse

millennium actress choyoko part dans l'espace

Techniquement, Perfect Blue faisait déjà très fort, mais ce n’était rien en comparaison de Millennium Actress !

Les personnages ont encore plus de présence, de poids ! Non contents d’avoir des personnalités toujours aussi convaincantes, leurs mouvements sont crédibles et ça contribue à rendre les scènes encore plus intenses.

Les moments les plus importants du film sont en plus servis par la musique de Susumu Hirasawa, qui fait un sans faute.

Impossible de ne pas être touché par Chiyoko qui se lance dans une course-poursuite contre le destin, quand la bande son monte en intensité à mesure qu’elle rencontre des obstacles et qu’elle s’acharne à les franchir.

Riche en émotions, Millennium Actress a l’audace de confirmer le talent fou de Satoshi Kon et Sadayuki Murai. Plus accessible que Perfect Blue, c’est également un film qui peut prétendre plaire à un plus grand public.
Les Les
Une réalisation somptueuse. Euh, joker ?
Une histoire qui sait faire vibrer la corde sensible.
Des personnages attachants et crédibles.

Perfect Blue

  • Titre : Perfect Blue
  • Titre original : パーフェクト・ブルー
  • Format : Film
  • Durée : 1h20
  • Diffusion : 28/02/1998

Perfect Blue est un film réalisé par Satoshi Kon, scénarisé par Sadayuki Murai et adapté d’un roman de Yoshikazu Takeuchi.

Mima Kirigoe quitte son groupe de pop-idol CHAM! pour suivre une carrière d’actrice, ce qui n’est pas pour faire plaisir à ses fans. Il y en a un en particulier, Me-Mania, qui semble la suivre partout. Peu à peu, les gens autour de Mima connaissent des morts violentes et cette dernière commence à perdre pied avec la réalité…

Une technique cinématographique maîtrisée

perfect blue mima sur internet

Dès l’introduction, Satoshi Kon met les pieds dans le plat avec des cadrages travaillés : Perfect Blue est un film, un vrai, et il a bien l’intention de le prouver.

On a là une mise en scène parfaite, respectant tous les codes du cinéma. Les faux airs de Hitchcock et la bande son au poil de Masahiro Ikumi achèvent de nous plonger dans cette tranche de vie endiablée.

Une autre chose qui frappe, c’est que les personnages sont incroyablement réalistes. Et je ne parle pas là de la qualité impressionnante de leur animation : on dirait des acteurs de chair et de sang ! Ce qui est parfaitement dans le ton du scénario…

Les scènes de foule sont moins convaincantes mais on a presque l’impression que l’effet est volontaire : le sujet ici est l’individu, et surtout son identité.

Perfect Blue est une mise en abîme vertigineuse

position foetale perfect blue

Ce qui commence comme une banale histoire de harcèlement entre un stalker et une idol devient rapidement un voyage halluciné dans la psyché de Mima, dont l’ego connaît une crise sans précédent.

Perfect Blue est comme un cauchemar où le réel et l’imaginaire ne connaissent plus de frontière, un thème cher à Satoshi Kon. On est vite aussi largué que la protagoniste devant la succession de scènes qui se répètent, sont jouées par des acteurs, sont rêvées ou sont hallucinées sans aucune transition pour nous prévenir.

Parfaitement trouvée, l’idée de mettre en parallèle la carrière d’actrice de Mima avec le scénario de la série télé dans laquelle elle joue, rend encore plus profonde la mise en abîme.

Le final en devient un véritable coup dans les dents, et sans vous spoiler, les derniers mots de Mima avant le générique de fin vous laisseront complètement confus.

Un petit avertissement pour les âmes sensibles toutefois : Perfect Blue est violent, très violent. Pas forcément dans sa représentation des crimes : certaines scènes, même sous le rôle d’actrice de Mima, sont très dures à regarder.

La douleur psychologique du personnage est très bien retranscrite tout au long du film, appuyée par une ambiance pesante et paranoïaque.

Le début d’une œuvre unique dans le cinéma d’animation asiatique

Me-mania, stalker de Mima dans Perfect Blue

Annonciateur de toute l’œuvre de Satoshi Kon (déjà prolifique dans le domaine du manga), ce film est le point de départ parfait dans sa filmographie : les films et séries qui vont suivre (Millennium Actress, Tokyo Godfathers, Paranoia Agent, Paprika…) confirmeront son potentiel incroyable.

Tout est déjà là : perfection des cadrages, personnages fascinants, fusion entre le réel et l’halluciné…

Vous l’aurez compris, j’ai adoré Perfect Blue et il m’est difficile de lui trouver des défauts. Pur thriller psychologique, c’est un de ces films d’animation pour lesquels il est difficile de nier leur contribution au cinéma. À regarder encore et encore pour en saisir toutes les subtilités.
Les Les
Une technique cinématographique parfaite. Des scènes de foule moins convaincantes.
Un scénario vertigineux et aux thèmes profonds. Déconseillé aux âmes sensibles.
Des personnages authentiques.

Mushishi – Chroniques spéciales

  • Titre : Mushishi – Chroniques spéciales
  • Synonyme(s) : Mushi-shi Tokubetsu-hen: Hihamu Kage
  • Titre original : 蟲師 特別篇「日蝕む翳」
  • Format : Spécial
  • Épisodes : 1
  • Diffusion : 04/01/2014
  • Préquelle : Mushishi

Mushishi – Chroniques spéciales est un épisode spécial de 45 minutes environ, faisant suite à l’anime Mushishi adapté du manga éponyme de Yuki Urushibara.

Une éclipse a lieu et cet évènement a une influence importante sur les interactions entre les humains et les mushi. Ginko se retrouve sur les lieux d’un incident impliquant un « dévoreur de jour », qui plonge progressivement un village dans une nuit éternelle. Alors qu’il cherche la racine du mushi pour régler la situation, il croise le chemin d’une fille albinos qui est affligée de tâches noires si elle entre en contact avec la lumière du soleil…

Une lettre d’amour pour les fans de Mushishi

Décors dans mushishi C’est l’impression qui ressort de Mushishi – Chroniques spéciales. L’esprit est complètement respecté et c’est un peu comme si c’était une version longue d’un épisode normal de Mushishi. En contrepartie cela veut dire que l’histoire prend un peu de temps avant de démarrer.

Une fois qu’elle est lancée, on est totalement scotché à l’écran et la conclusion est à la hauteur de ce à quoi on a eu droit jusque là.

Une fois n’est pas coutume, en plus du docteur, d’autres personnages refont une apparition. Je vous laisse la surprise mais c’est en tout cas du fanservice agréable, dans la mesure où ça permet de vraiment situer cet épisode spécial comme une suite de la série principale.

À noter aussi que les nouveaux entrants sont tout aussi bien développés que d’habitude. Cette capacité, qu’a Mushishi à rendre des personnages plus intéressants en 15 minutes que dans une série de 26 épisodes, me mettra toujours autant sur le cul.

 L’ambiance, toujours aussi puissante

mushishi ginko Les musiques, les dialogues, les couleurs, le scénario… tout contribue à l’ambiance dans Mushishi, et la recette est ici parfaitement reproduite.

La majorité du film est par contre dépourvu de couleurs chaudes, éclipse oblige. Je n’ai également pas retrouvé l’aspect inquiétant que l’on pouvait apercevoir dans certains passages de la série originale. Le mushi qui est au centre de l’attention cause des inquiétudes moins viscérales.

Ce sont des problèmes peu importants toutefois, car on a toujours le sentiment de suivre un conte et le problème est approché avec poésie par Ginko, qui donne toujours autant l’impression d’être fasciné par les mushi. Par ailleurs c’est toujours aussi reposant donc vos nerfs vous diront merci avec cette cure de 45 minutes.

Techniquement, rien de nouveau

mushishi descente en forêt C’est un épisode spécial et non pas un OAV ou un film, donc il ne fallait s’attendre à aucune amélioration technique par rapport à la série. Le studio Artland s’est vraiment concentré sur les paysages et la mise en scène, et je l’en remercie.

Sur ce plan ils se sont surpassés et je ne compte plus les décors superbes, où tout est cadré parfaitement pendant que les personnages avancent. J’en ressors encore avec des images plein la tête.

J’ai beaucoup apprécié le chara-design des deux jumelles. Ça m’a plus marqué que la plupart des personnages de la série, d’autant plus que leurs expressions sont bien rendues.

Mushishi – Chroniques spéciales a fait fort. Sorte d’épisode rallongé de la série, il conserve tout ce qui fait la force de l’original. Mes (petits) regrets sont vraiment de l’ordre du chipotage et je suis pressé de voir la suite. Annoncée dans le teaser après le générique, je suis certain qu’elle va me plaire grâce à cette mise en bouche de 45 minutes qui prouve que le studio Artland maîtrise la recette.
Les Les
Respecte parfaitement l’esprit de l’original. L’histoire prend du temps pour démarrer.
Le studio s’est lâché sur les décors. Visuellement plus terne pendant une bonne partie de l’épisode à cause de l’éclipse.
Toujours aussi calme.