akira thumbnail

Akira

  • Titre : Akira
  • Titre original : アキラ
  • Format : Film
  • Durée : 2h
  • Diffusion : 16/07/1988

Akira est un film réalisé par Katsuhiro Otomo et adapté du manga du même auteur.

Neo-Tokyo, 2019. 31 ans après la Troisième Guerre Mondiale. Tetsuo, membre d’un gang de motards avec son ami Kaneda, a un accident en évitant un enfant doué de capacités psychiques sur la route. Peu après, les militaires l’embarquent pour faire des expériences. Doté de nouvelles capacités et hors de contrôle, il est bien décidé à prendre sa revanche sur la société…

Une technique qui n’a pas besoin de botox

moto de kaneda akira

Bien que datant de 1988, Akira a très bien vieilli et reste bluffant de nos jours. L’animation des personnages et très réaliste (les chutes en moto ou les mouvements de foule par exemple me viennent en tête).

Presque tout le film en profite, mais on retiendra la course-poursuite du début parmi les passages les plus impressionnants. Il y a aussi l’étalage de puissance avec les capacités psi qui occasionne des scènes de destructions très détaillées et bien animées.

La qualité de l’animation sert également le gore avec des os qui craquent et des personnes criblées de balles qui sont de véritables fontaines à sang.

Le dessin d’Otomo nous offre des personnages incroyablement expressifs : les mots sont superflus tellement on peut lire ce qu’ils ressentent en les regardant.

L’ambiance sonore quant à elle met le ton dès l’introduction et n’est remplacée par des moments de silence que pour mieux nous glacer. Elle contribue à solidifier le monde imaginé par Katsuhiro Otomo.

L’univers crados d’Akira

neo-tokyo akira

Se déroulant dans une ville colossale où les individus ont l’air de fourmis, le film nous offre un décor peu reluisant.

Très violente avec ses guerre des gangs, ses attentats à la bombe fréquents, sa répression violente des manifestations et sa jeunesse complètement paumée, Neo-Tokyo est une jungle sans pitié. Sa crasse, sa saleté, ses gravats, ses tuyaux et câbles dans tous les sens, ses néons, ses hologrammes et ses tags sont un excellent prétexte pour nous offrir des décors remplis de détails.

Cela vaut aussi pour les personnages tout droit sortis des bas-fonds d’une société où il n’y a plus de code vestimentaire.

Tous ces éléments ont eu une influence capitale sur la manière dont le cyberpunk a été représenté dans le cinéma d’animation japonais. Ils dégagent aussi un contexte qui explique beaucoup d’éléments de l’histoire.

Un récit à thèmes multiples

tetsuo akira

À première vue on pourrait penser qu’Akira se contente de sortir le sempiternel débat des limites que l’on devrait donner à la science utilisée par l’armée. Et il est vrai que cet aspect sentait déjà le réchauffé en 1988. Mais non seulement ce dernier est compensé par l’exposition réussie d’une société en pleine dégénérescence, il est aussi la cause du volet le plus intéressant du scénario : Tetsuo.

Alors que la bande de motards dirigée par Kaneda est globalement assez marrante, son ami d’enfance Tetsuo montre rapidement une personnalité vraiment détestable. Exposition du complexe d’infériorité et du délire de puissance poussés à l’extrême, il n’est finalement que le produit d’une société pourrie jusqu’à la moelle.

Ce commentaire social, l’aspect scientifique, le rôle des militaires, la politique où les conflits d’intérêt ont libre cours… ce sont les nombreuses facettes du scénario d’Akira qui parviennent à être développées en ne laissant presque rien derrière. Seul le côté métaphysique est au final assez peu convaincant.

C’est un coup de force dans la mesure où ce long-métrage ne raconte pas tout ce qu’il se passe dans le manga, d’autant plus qu’aucun personnage introduit ici n’est mis de côté avant la conclusion de l’histoire.

Violent, impitoyable, Akira n’est pas un film à mettre entre toutes les mains. Impressionnant, intéressant, il constitue un de ces titres cultes du cinéma d’animation japonais qui ont eu une influence capitale. Il est rare qu’un classique vieillisse aussi bien, donc vous auriez tord de vous priver de le regarder.
Les Les
L’univers à l’ambiance glauque et au-delà de tout salut est très réussi. Très violent, c’est pas pour les enfants de chœur.
Une histoire qui traite avec brio de plusieurs sujets imbriqués. Le côté métaphysique est au final trop peu développé pour être pleinement apprécié.
Une technique qui ne viellit pas.
La moto de Kaneda est trop cool.